Sébastien SARRAUDE

Sébastien SARRAUDE

 

Né à Pau en 1978, Sébastien Sarraude est fils de fonctionnaires de l’agglomération béarnaise. Rêveur, il grandit bien sagement en utilisant le sport comme soupape énergétique. On tente en vain de lui inculquer l’amour de la musique comme bon nombre des membres de sa famille mais il ne rêve que d’inaccessibles automobiles de course et surtout de s’amuser. Il avance en âge en suant dans les bassins de natation ou autour de chez lui en compagnie de ses copains d’aventure. Son adolescence est marquée par sa fréquentation salvatrice d’un centre social de sa commune qui l’ouvre au monde par l’intermédiaire d’autres activités sportives de plein air et culturelles.

L’ambiance devenant malheureusement délétère au nouveau domicile familial, cette structure lui permet de s’évader plusieurs fois par semaine et pendant les vacances scolaires en compagnie de jeunes issus de différents milieux. C’est la bonne époque des camps en autonomie, l’école de la vie et une grande bouffée d’oxygène.

Les meilleures choses ont une fin et la majorité pointe son nez. Il s’envole à 20 ans pour le Mali après deux ans de recherches de fonds pour un voyage humanitaire et touristique montée de toutes pièces en compagnie de ses anciens camarades de camps et du directeur du fameux centre social qui les regrette déjà (les nouveaux jeunes qui ont pris leur place sont des assistés amorphes). Hospitalisé à son retour, il tue le temps en écrivant son récit de voyage, c’est sa première expérience d’écriture. Il a lu Sahara de Cizia ZYKË, comme lui il veut TOUT raconter sans se soucier du qu’en dira-t-on.
Devenu jeune adulte mais certainement pas mature, il se cherche une orientation, est en proie au doute. Que doit-il faire de sa vie ? Le lycée l’ennui et lui apprend si peu. Il découvre le boulot saisonnier de maître-nageur et sa première saison de surveillance sur les plages basques est une véritable révélation. Le travail en lui-même, les responsabilités et l’ambiance unique entre collègues restent gravés dans sa mémoire. Il lui semble impossible de retourner dans la routine paloise après avoir connu le soleil estival de la côte atlantique. Passablement amoureux, il retourne tout de même s’installer à Pau et se replonge dans des études STAPS après un service national en Gendarmerie qu’il vit comme une farce. C’est une époque où il se sent perdu et éprouve un léger mal être. Le voici donc éducateur sportif territorial et étudiant salarié, il réussi le défi de décrocher une licence universitaire en bûchant le soir après le travail.  Il tente un CAPEPS sans conviction, l’idée de se confronter à la grisaille parisienne et aux irascibles élèves de banlieue lui provoque déjà des maux de tête. Il devient alors fonctionnaire titulaire en piscine et connaît en parallèle un parcours amoureux tumultueux voire décousu mais très édifiant.

Il écrit en cachette depuis 2004 un roman noir sur le sport automobile qu’il veut être un adieu à cette lubie qu’il n’a pu approcher que depuis les tribunes et qui obnubile son être depuis sa plus tendre enfance. L’effet escompté est inverse, ce récit l’emporte encore plus dans le tourbillon de la passion des sports mécaniques et l’emmène à rencontrer les gens du milieu au niveau local. Son indéfectible humour et son coté travailleur lui ouvre des portes, il prend même le volant ponctuellement, finalement tout n’est pas si noir. Il fait connaître ses idées et défend ardemment le Grand Prix automobile de Pau en danger via les réseaux sociaux. À ses yeux c’est le seul évènement qui rend sa ville encore attractive.
Il rencontre enfin celle qui deviendra la mère de ses deux enfants en 2008, ce changement de vie le comble et l’incite à quitter sa ville natale pour se rapprocher du littoral qu’il affectionne tant. Pris au jeu de l’écriture en participant à un recueil de nouvelles, il rejoint l’association littéraire des Noires de Pau en 2011 et élargit ses sujets de composition. Primé dans plusieurs concours à travers la France dès la première année, il s’évertue à poursuivre cette soudaine et inattendue aventure depuis les plages d’Hossegor. L’appel du mirador aura été le plus fort, trentenaire il surveille à nouveau l’océan qui l’inspire. Il veut que ses enfants grandissent sur la côte et s’épanouissent grâce à sa culture et la multitude d’activités qu’elle propose. Il se dit enfin apaisé et heureux, l’écriture est sa thérapie. Il compte bien poser sur papier les centaines de fictions mêlant vérités et expériences vécues qui attendent patiemment leur tour dans sa tête.

À propos de Cizia ZYKË : « Si ma mémoire est bonne c’est un oncle voyageur qui a offert à mon frère et moi les premiers livres de ZYKË : Sahara et Oro. Ma mère ne devait certainement pas connaître cet auteur car elle aurait fait la grimace. J’en ai pris plein les méninges. J’étais alors adolescent et j’ignorais qu’on avait le droit d’écrire de telles choses. A plus forte raison si c’était des aventures vécues. La liberté de ton de l’auteur m’a de suite plu. On peut ne pas être d’accord avec tout ce que pense ZYKË mais on ne peut que saluer son courage dans sa liberté de ton (surtout de nos jours où on se retrouve vite fait à la barre d’un tribunal). Je pense que nous régressons en termes de liberté d’expression par peur de choquer, par peur de semer le trouble dans une société qui ferme les yeux sur sa déliquescence et qui joue la prude. D’ailleurs nos humoristes contemporains l’ont bien compris et ne se risquent plus sur certains sujets. J’ai donc lu ces romans des années 80 au milieu des années 90 et les choses avaient déjà changé. J’étais admiratif de cet homme avec ses propres codes et qui semblait savoir à l’avance comment réagir avec les personnages qu’il rencontrait sur sa route, n’hésitant pas à les cataloguer hâtivement. Son comportement politiquement incorrect dicté par la survie m’a dévoilé un autre monde bien loin du civisme catholique franchouillard. Civisme et docilité que l’on m’a inculqué depuis mon enfance, pour être bien élevé, pour ouvrir des portes plus tard parait-il. Mais ZYKË m’a montré que ce fonctionnement n’est pas valable partout sur le globe et qu’il faut parfois savoir être scélérat pour survivre dans un monde corrompu. Tu t’adaptes ou tu crèves. Est-ce qu’il a changé ma manière d’être ? Certainement pas, je demeure un « gentil garçon bien élevé » mais je me soigne et je suis bien moins docile qu’avant. Par contre il a très certainement influencé ma manière d’écrire, décomplexé mon style caustique et parfois cinglant qu’on peut retrouver dans mes nouvelles ».

SON LIVRE


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